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LES MIDSHIPS A L'EDHEC

  • 3 mai 2019
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  • Catégorie : Actualité générale de l'Alliance Navale
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  • Auteur : Association AEN
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LES MIDSHIPS A L'EDHEC

Participation de l’Ecole Navale à la 51 ème Course-Croisière EDHEC aux Sables d’Olonne.

Prologue :

Nous remercions vivement nos partenaires, le CIC Ouest, l’UNEO, Sailing Atlantic Services et enfin tous ceux qui nous ont soutenu via l’Alliance Navale et l’Association des Anciens de l’Ecole Navale. Par leur support, ils ont perpétué la tradition de la voile (la « bouline ») à L’École Navale (la « baille »). Ils ont soutenu ceux qui continuent à la faire vivre malgré sa disparition dans les forces navales et parfois le manque d’intérêt des élèves-officiers pour ce type de navigation. La voile doit rester la base de la formation du marin et est nécessaire à la formation d’officiers compétents au service de la Nation. Elle est essentielle au développement du sens marin, ’autant plus que la complexification des systèmes navals demande une formation scientifique toujours plus lourde, au détriment de la formation maritime et de la voile. Nous remercions aussi l’encadrement de l’École Navale pour avoir fait confiance à 9 d’entre nous en nous laissant la responsabilité d’un voilier de la Marine durant deux semaines. Nous avons eu ainsi l’opportunité exceptionnelle de naviguer en autonomie, loin du plan d’eau rassurant de l’École, parfois loin des ports. Une expérience particulièrement formatrice, enrichissante et valorisante pour nous.

I. La préparation du projet.

Sur l’initiative de l’ASP Geoffroy et de l’ASP François, la préparation de l’événement commence doucement en Octobre 2018. Les deux ayant participé en monotype J80 à la 50 ème CCE à Brest. Il avaient pris part l’été précédent au tour du Finistère pendant lequel ils ont découvert la régate en voilier habitable. L’idée leur est alors venue de présenter le projet à l’encadrement en demandant à effectuer la course cette fois en voilier habitable, à savoir un Jeanneau Sunfast 32,déjà utilisé pour le tour du Finistère. Le club de voile de l’École possède en effet plusieurs habitables nécessitant une formation spécifique auprès de la section voile pour être utilisés. L’investissement nécessaire s’est avéré dès le début conséquent pour qu’un voilier soit confié durant deux semaines à des élèves, n’ayant pour certains qu’une seule année de formation sporadique en voile derrière eux. Il fallut gagner cette confiance pour chacun d’entre nous. Nous avons passé plusieurs soirs, plusieurs week-ends et parfois plusieurs nuits à naviguer en rade de Brest entre deux cours scientifiques pour apprendre à gérer un voilier et un équipage ; afin que l’équipe apprenne aussi à travailler ensemble, que chacun aille à tout moment dans le même sens : Celui de la sécurité pour y ajouter ensuite celui de la performance.

Un voilier habitable est difficilement transportable par la route contrairement à un monotype, plus petit. Il fallait aussi prévoir le convoyage du bateau vers les Sables d’Olonne. Cartes, navigation, ports escale, vivres etc... Il a été accepté que des cadres de la section voile convoient le bateau à l’aller pour nous éviter de perdre des cours. En revanche, nous avons dû ramener nous mêmes le bateau à Brest en autonomie. L’encadrement a longuement hésité. Fallait-il laisser quelqu’un avec eux ? Au moins pour le convoyage ? Au fur et à mesure des navigations que nous faisions ensemble, nous avons gagné en confiance et voulions tenter l’expérience seuls. La confiance de nos cadres était importante pour nous, tant pendant la course que le convoyage . Un premier commandement en quelque sorte ! Du moins pour les patrons. Nous avons su très tard que nous allions être autorisés à naviguer entre nous, élèves. Le jeudi 28 Mars, alors que le départ du bateau pour les Sables est prévu pour le lundi 1er Avril, le commandant de la section voile habitable nous convoque tous. Il nous annonce que le départ du bateau est avancé au vendredi et qu’il veut voir deux d’entre nous en navigation autonome jusqu’à Lorient pendant le week-end. Les ASP François et Thomas se proposent. Si ils sont au niveau, le bateau nous sera confié jusqu’au retour à Brest. Cela a marqué l’aboutissement d’une longue préparation. Nous avions gagné la confiance de notre encadrement, une grande victoire pour nous !

II. Arrivée aux Sables

La course commence pour nous le samedi 6 avril avec une véritable « guerre au poids » dans le bateau. Alors remplis de vivres et d’équipements divers, nous fouillons tous les fonds de cales, trappes, placards à la recherche d’objets inutiles en régate avec notre entraîneur, le Capitaine de Corvette Fabrice. De 10h à 15h, nous faisons des allers-retours sous une pluie battante entre le bateau et le fourgon de soutien. La coque sort de l’eau progressivement et seul le strict minimum pour la sécurité en navigation est laissé à bord. Notre expérience, nous le savons, ne nous permettra pas de faire de classements exceptionnels au général. La Course-Croisière EDHEC est courue par des étudiants souvent accompagnés d’un skipper très expérimenté. Cependant, il existe un classement 100 % étudiant qui ne comprend que des équipages sans skipper non-étudiant. Nous mettons alors toutes les chances de notre côté pour nous placer dans ce classement là, optimisant un bateau déjà bien préparé à la compétition.

Le lendemain, notre entraîneur part et nous laisse seuls. Les conditions sont parfaites pour naviguer et la flotte sort le dimanche après-midi. L’occasion de profiter de notre première navigation en réelle autonomie,

III. Une semaine de régate mouvementée.

La compétition commence lundi. Le bateau est prêt, nous aussi mais l’organisation… beaucoup moins. Le premier départ est prévu à 11h avec un appareillage qui a lieu vers 10h. Le parcours de course est mouillé assez loin du port contre le vent. Les voiliers sont contraints de tirer des bords pour rejoindre la ligne de départ dans une mer formée. Nous entendons à la radio beaucoup d’équipages rentrer au port à cause du mal de mer ! Le temps que tout le monde arrive, le départ sera lancé avec deux heures de retard et un vent qui mollira dans l’après-midi. Nous nous plaçons très mal pour le départ et partons en retard par rapport au reste de la flotte. Le vent mollit et nous nous retrouvons avec un tiers des bateaux dans des courants que le vent, trop faible, ne permet pas de contrer. Les bouées sont difficiles à passer, nous ne franchirons pas la ligne d’arrivée assez tôt pour être classés et rentrons au port, au moteur et déçus. Le soir, l’ASP Hugues tombe malade d’une grippe assez violente. Sachant que nous avons partagé nos bouteilles d’eau et que l’intérieur du bateau où nous dormons est très humide, nous imaginons qu’il ne sera pas seul cette semaine à se trouver ainsi. Dès notre retour à quai, nous nous projetons vers l’épreuve du lendemain, désireux de montrer ce dont nous sommes capables, mais sans Hugues, cloué au lit. Grand classique de la Course-Croisière EDHEC, le parcours côtier a lieu mardi. Il s’agit d’une navigation vers la Rochelle en passant à proximité de points remarquables du plan d’eau (marques, bouées ,etc…). La brume est ce jour-là épaisse et le vent absent. La course est annulée et la flotte rejoindra La Rochelle au moteur. Une brise se soulève cependant en fin d’après-midi et nous arrivons sous voile au pont de Ré. Le mercredi est marqué par un vent plus soutenu, qui fraîchira dans la journée. C’est le jour du parcours côtier retour vers les Sables. Notre tacticien, Geoffroy, a préparé toute la navigation mais tombe à son tour malade. Nous prenons le départ à 11 heures sans ses précieux conseils. Il fera toute la traversée dans une couchette à l’intérieur du bateau. Nous progressons dans des conditions difficiles, contre le vent. La mer est formée mais le bateau fonctionne très bien et nous tenons malgré les abandons de beaucoup d’équipages moins familiers du roulis et des embruns. Je tombe à mon tour malade aux deux tiers du trajet et rejoins Geoffroy dans le bateau après une manoeuvre délicate de changement de voile d’avant. Le bateau passe finalement la ligne d’arrivée à 22 heures sous voile. Nous marquons des points là dessus et nous prenons plus confiance en nous ! Le jeudi sera une bonne journée de régates pour l’équipage et le bateau tourne bien. Le vent et le soleil sont au rendez-vous et l’effectif, même amputé de Geoffroy et moi, se classe sur toutes les courses en peaufinant les réglages au fil des manches. Pas de vent vendredi, toutes les courses seront annulées. Une surprise nous attend cependant le soir. Nous n’avons pas prévu de naviguer le samedi, jour réservé aux finales. N’ayant pas franchi la ligne d’arrivée pour l’unique manche de lundi, nous sommes quasi-sûrs de ne pas y prendre part. Nous apprenons pourtant le vendredi soir que nous sommes classés premiers de la catégorie 100 % étudiant dans notre classe de voiliers. Nous sommes convoqués à la finale, malgré la grippe qui handicape la moitié de l’équipage. Debout à 7h30 samedi pour l’émargement et la pesée de l’équipage. La finale 100 % étudiante ne se déroulera pas sur Alpheratz mais sur J80, un voilier que nous connaissons bien puisque nous naviguons habituellement dessus à L’École Navale. La journée sera hélas pour nous décevante. A 6 sur la ligne de départ, nous partons en tête sur la première manche. Une grosse erreur de manipulation du Spinnaker le fait tomber à l’eau et nous passons instantanément de la première à la dernière position sur la dernière ligne droite. Nous sommes éliminés et terminons donc 6ème du classement étudiant. Le Trophée Mer de la 51ème CCE se termine alors pour nous.

Epilogue

L’aventure n’était cependant pas finie pour deux d’entre nous. Thomas, moi-même, ainsi que trois autres aspirants venus en tant qu’équipiers ont ramené le bateau à Brest après l’événement, du lundi au jeudi suivant. Ce fut une expérience extrêmement enrichissante, nous avons eu à préparer une navigation, nous reconfigurer face à des conditions changeantes et ce, seuls sur l’eau, parfois loin des ports. La Course-Croisière EDHEC quant à elle a permis de répondre au désir de l’École Navale de s’inscrire dans le milieu maritime et étudiant. Les soirées organisées tout les soirs se sont avérées être des espaces d’échanges avec d’autres jeunes, curieux de voir nos vestes brodées « École Navale ». Beaucoup ne connaissaient pas du tout notre école et nous eûmes l’occasion de leur présenter succinctement la Marine et les cursus officiers possibles en sortant d’école de commerce ou d’ingénieurs. Là ou L’École Navale participait habituellement à l’événement en J80, nous avons ouvert la voie du voilier habitable aux futurs élèves de l’École. La « baille » possède une flotte de bateaux intéressante. Nous avons montré que l’on pouvait faire confiance à des élèves dans leur mise en oeuvre tout en proposant une « vitrine » de la formation maritime qui nous est proposée. Enfin, même si nous fûmes déçus de notre finale, nos résultats de la semaine nous ont montré qu’en seulement 1 an et demi de formation, nous avions acquis de solides compétences nous permettant de performer au plus haut niveau de la voile étudiante.




Auteur :
Association AEN

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