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La France, leader mondial de la pose de câbles optiques sous-marins

Actualité générale de l'Alliance Navale

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24/04/2026

« La France détient ou opère 30 % de la flotte mondiale de câbliers, un atout stratégique majeur ». Les auditions conduites par la commission de la défense et des forces armées et plus récemment celle conduite par la commission sénatoriale des affaires économiques ont mis en lumière l’excellence française dans ce secteur, grâce à des entreprises comme Orange Marine et Alcatel Submarine Networks (ASN) alors que chaque année, près de 100 000 kilomètres de câbles sont posés pour garantir le trafic internet mondial et permettre des transactions financières quotidiennes de l’ordre de 10 000 milliards de dollars.

Créée le 10 décembre 1992, Alcatel Submarine Networks est revenue dans le giron français en novembre 2024 après être passée en 2016 sous le contrôle de Nokia. Se présentant comme « le leader mondial des systèmes optiques sous-marins », ASN a posé plus de 850 000 km de câbles, « une distance suffisante pour faire 21 fois le tour de la Terre ». Sa flotte composée de cinq poseurs de câbles et de deux navires de maintenance « parmi les plus performants au monde », tous portant les noms d’îles françaises, est gérée par le groupe Louis Dreyfus Armateurs (LDA) présent dans le secteur de l’armement depuis 170 ans.

Héritière de la branche des câbles sous-marins du Ministère des Postes et Télécommunications, Orange Marine affiche fièrement sa mission, « relever ensemble avec passion le défi de relier les Hommes à travers les mers et les océans », illustrée par les 300 000 km de câbles posés sur les fonds marins. Sa flotte équivalente en nombre à celle d’ASN est forte de six unités dédiées à la pose et à la réparation des câbles et d’une unité destinée à la prospection et à la cartographie des fonds marins. Elle comporta de 1973 à 2012 le Vercors, le plus grand navire câblier construit à cette époque, détenteur de records encore inégalés.

Les ruptures de câbles survenues en mer Baltique en 2024 et 2025 avaient mis en lumière la fragilité de ces réseaux tout en dévoilant un modèle économique singulier, les entreprises étant en concurrence pour la pose des câbles tout en coopérant pour les réparations. Le câble C-Lion 1 permettant les liaisons entre l’Allemagne et la Finlande avait été posé par Alcatel Submarine Networks en 2015 mais c’est de Calais que le Cable Vigilance du malaisien Optic Marine Services, armé par Louis Dreyfus Armateurs, avait appareillé le 21 novembre 2024 pour réparer le câble endommagé, situé dans la zone géographique de sa responsabilité.

La stratégie ministérielle de maîtrise des fonds marins présentée le 14 février 2022 souligne l’importance du « réseau d'autoroutes de communications », des infrastructures que la Marine nationale doit être capable de protéger, induisant une collaboration étroite avec les industriels du secteur, illustrée par la présence d’un ancien préfet maritime au sein du Conseil d’administration d’ASN. La stratégie évoque également les câbles de transport d’électricité qui « acheminent les énergies renouvelables en mer vers le rivage » rappelait le 7 mai 2025 Caroline Krajka, haute fonctionnaire au ministère de l’Europe et des affaires étrangères.

Créé en 1849, le groupe belge Jan de Nul s’est spécialisé dans les opérations de dragage avant de s’orienter vers le domaine des énergies renouvelables et les parcs éoliens en mer. La mise à l’eau le 7 avril 2026 du câblier géant William Thomson, d’une longueur de 215 mètres et d’une capacité d’emport de 28 000 tonnes marque un jalon important, le bâtiment venant rejoindre son sistership Fleeming Jenkin pour participer en compagnie de deux navires enfouisseurs (trenching support vessel – TSV) et d’un navire d’enrochement (rock intallation vessel – RIV) au raccordement de l’île artificielle Princesse Elisabeth au large de la Belgique.

Le groupe LDA, via sa filiale LD TravOcean, investit également dans cette filière riche de promesses de l’éolien en mer, avec entre autres acquisitions celle d’un navire de soutien polyvalent construit en 2011 et qui naviguera sous pavillon français et sera « exploité par un équipage LDA ». Le TVO Mariner qui intégrera des trancheuses et des drones sous-marins soutiendra « l’ensemble des segments d’activité de l’entreprise, incluant les câbles télécoms, l’éolien en mer, la réparation de câbles », le navire s’étant sous son ancien pavillon illustré dans le développement de projets éoliens allemands offshore.

La première interconnexion électrique entre l’Irlande et le continent européen, baptisée Celtic Interconnector et portée par les gestionnaires de transport d’électricité français et irlandais, met également à l’honneur l’excellence française dans ce domaine, les câbles électriques étant fabriqués par le français Nexans, « un leader dans la conception et la fabrication de systèmes de câbles ». La pose sera par contre confiée à la société néerlandaise Van Oord qui mettra à disposition le câblier Calypso., malgré tout un clin d’œil involontaire à la France et à Jacques-Yves Cousteau.

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