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"Operation Epic Fury is approved. No aborts. Good luck"

Actualité générale de l'Alliance Navale

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16/03/2026

Le Department of War a publié le 24 janvier 2026 une nouvelle stratégie de défense intitulée « rétablir la paix par la force pour un nouvel âge d'or de l'Amérique ». Une page est consacrée à l’Iran, dont les dirigeants sont soupçonnés de tenter « à nouveau d'obtenir l'arme nucléaire, notamment en refusant de s'engager dans des négociations sérieuses ». Pour faire face à cette menace, le document privilégie les partenaires du Golfe « de plus en plus disposés et capables de faire davantage pour se défendre contre l'Iran et ses mandataires, notamment en acquérant et en déployant divers équipements militaires américains ».

Prétextant tardivement une « menace imminente » contre les Etats-Unis, le Président Donald Trump a pourtant décidé un mois plus tard, conjointement avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, de lancer l’opération Epic Fury, qu’il qualifiera plus tard de « courte excursion ». Devant les membres du Conseil de sécurité des Nations Unies, Mike Waltz en a rappelé les objectifs, « démanteler les capacités balistiques qui menacent les alliés, affaiblir les moyens navals utilisés pour déstabiliser les eaux internationales, perturber le mécanisme qui arme les milices par procuration ».

Disposant de peu de navires de premier rang, la marine iranienne a été annihilée dès les premiers jours du conflit, la plupart des frégates, corvettes et bâtiments porte-drones étant frappés à quai ou à proximité des côtes iraniennes. Le 4 mars 2026, le Secretary of War se félicitait que la marine iranienne « repose au fond du golfe Persique, incapable de combattre, décimée, détruite, vaincue, choisissez votre adjectif », des propos illustrés par la vidéo de la destruction d’un « navire de guerre iranien qui pensait être en sécurité dans les eaux internationales », mortellement frappé par une torpille lancée d’un sous-marin d’attaque.

Le général d’armée aérienne Dan Caine a surenchéri, indiquant que « pour la première fois depuis 1945, un sous-marin de la marine des Etats-Unis a coulé un navire de combat ennemi à l'aide d'une seule torpille Mark 48, avec un effet immédiat ». Démontrant un enthousiasme excessif ou un mépris tout aussi excessif envers les marines alliées, le Président du Comité des chefs d'état-major a tenu à « rappeler à tous qu'il s'agit là d'une démonstration incroyable de la portée mondiale des États-Unis ». « Traquer, localiser et détruire un navire déployé hors de sa zone d'opération » n’est pas une opération simple mais d’autres en sont capables.

La frégate Dena a été torpillée dans les eaux internationales, à une vingtaine de nautiques des côtes du Sri Lanka, alors qu’elle avait participé en compagnie de deux autres bâtiments iraniens à l’exercice multinational Milan 2026 et à la revue navale internationale (IFR – International Fleet Review) organisés par l’Inde au large du port de Visakhapatnam. Cet évènement se déroulant sur un rythme biannuel avait réuni du 19 au 25 février 2026 une quarantaine de navires et une trentaine d’aéronefs dont l’avion de patrouille maritime français Atlantic 2 déployé aux Emirats Arabes Unis.

L’Inde avait opportunément mis à profit cet évènement pour accueillir le 9ème conclave des chefs d’état-major des marines des vingt-cinq nations membres de l’Indian Ocean Naval Symposium (IONS), forum maritime multilatéral créé en 2008 pour « renforcer la coopération maritime entre les États riverains de la région de l'océan Indien ». La France a rejoint l’IONS le 10 mars 2015 et en a assuré la présidence de 2021 à 2023, l’amiral Pierre Vandier ayant reçu la longue-vue symbole du chairmanship des mains de son alter-ego iranien Hossein Khanzadi lors du conclave organisé sur l’île de la Réunion, à une époque moins troublée.

Dans son adresse aux Français du 3 mars 2026, Emmanuel Macron a tenu à rappeler que « la République islamique d’Iran porte la responsabilité première » de cette « guerre [qui] s’empare une nouvelle fois du Proche et du Moyen-Orient. Il a néanmoins refusé d’approuver « des opérations militaires […] conduites en dehors du droit international », se référant implicitement à la Charte des Nations Unies et à l’article 51 qui n’autorise le « droit naturel de légitime défense, individuelle ou collective [que] dans le cas où un Membre des Nations Unies est l'objet d'une agression armée ».

Quatre jours après les premières frappes israélo-américaines, il est peu probable que le commandant de la frégate iranienne « pensait être en sécurité » mais il est tout aussi peu probable que ce navire de 95 mètres équipé de quatre missiles de croisière Ghadir exerçait une « menace imminente » envers les Etats-Unis. Dans le contexte très différent de l’invasion des îles Malouines par les forces argentines, une polémique avait surgi après le torpillage le 2 mai 1982 du croiseur General Belgrano par le HMS Conqueror, alors que ce survivant de l’attaque de Pearl Harbour se trouvait hors de la zone d’exclusion britannique.

La vidéo du torpillage diffusée sur les médias sociaux et les chaines d’information continue n’a quant à elle suscité que de rares commentaires, malgré les dizaines de victimes recensées parmi les 125 membres de l’équipage, 84 corps ayant été repêchés et 32 marins secourus ‌par la marine sri-lankaise, l’attaque étant survenue dans sa SSR (Search and Rescue Region). Le ⁠rapatriement des naufragés oppose autorités du Sri Lanka et des Etats-Unis ayant une lecture différente de la Convention de Genève pour l’amélioration pour l'amélioration du sort des blessés, des malades et des naufragés des forces armées sur mer.

Cette vidéo a été largement utilisée dans des clips générés par intelligence artificielle et utilisés par la Maison Blanche à des fins de « propagande » mêlant séquences infrarouges d’impacts d’armes et extraits de jeux pour consoles, avec pour objectif d’effacer toute dimension humaine à ce conflit. En tentant d’oublier les morts induits par la destruction de la frégate Dena, la vidéo du 4 mars 2026 peut également être étudiée sous un angle plus technique permettant de constater les effets ravageurs d’une torpille Mk 48 sur un navire de combat de 1300 tonnes cassé en deux par le souffle de l’explosion.

Le 14 décembre 2024, la Marine nationale avait procédé à une même « exécution », la cible étant alors la coque de l’ancien aviso Premier maître l’Her , de dimensions équivalentes. L’explosion de la torpille F21 développée par Naval Group a également soulevé la cible qui s’est rompue avant de couler. La vidéo publiée dans le cadre de la campagne « une marine de combat » ne permet pas d’estimer la distance à laquelle a été lancée son arme ni son mode de guidage, mais coïncidence des agendas, la veille du naufrage de la frégate Dena, les Pays-Bas choisissaient la F21 au détriment de la Mk48 pour équiper leurs futurs sous-marins.

Le 17 juin 2025, anticipant l’opération Midnight Hammer, le représentant républicain du Kentucky Thomas Massie déposait une proposition de loi se référant à l'article 5(c) du War Powers Act ordonnant au Président de ne pas impliquer les forces armées des Etats-Unis dans des « hostilités non autorisées » en République islamique d'Iran. Jamais débattue depuis, elle a été rejetée par la chambre des représentants le 5 mars 2026 par 219 voix contre (Nays) et 212 pour (Yeas). Une motion de réexamen a toutefois été acceptée à la même date « sans objection ». Les élections de mi-mandat permettront probablement d’aller plus loin.

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